Pour information aux collègues que ça intéressera: infos sur la garde à vue d'un syndicaliste de l'éducation de Cherbourg
Pascal Besuelle, syndicaliste Snes/FSU et par ailleurs un des militants les plus impliqués dans le soutien aux sans-papiers et migrants à Cherbourg a été placé en garde à vue hier lundi 19 janvier pendant plusieurs heures pour des faits en lien avec sa participation à la manifestation à Saint-Lô lors de la venue de Sarkozy le 12 janvier.
Convoqué à 10h00 au commissariat de Cehrbourg, il a alors appris qu'il était placé en garde à vue pour 72 heures... à Saint-Lô, où il a été immédiatement transféré. Les faits qui lui sont reprochés sont « outrage à agent ».
CE QUE J'AI VU PERSONNELLEMENT : Lors de la manifestation, la police a à plusieurs reprises usé de tirs de lacrymos et de flash-balls. Lors d'un tir de lacrymo plus violent que les autres (vers 12h30), la foule a reculé. Pascal et d'autres militants syndicaux ont alors fait un cordon devant les barrières métalliques, car l'exaspération des jeunes était à son comble, et certains amorçaient un mouvement pour revenir vers les barrières et vraiment affronter les CRS. A aucun moment il n'a tenté de franchir la barrière.
Ce QUE DIT LA POLICE : une policière a porté plainte pour des faits de violence et outrages, produisant une photographie où, paraît-il (je ne l'ai pas vue), Pascal « tend les bras en avant ».
Il semble donc que le dossier soit des plus minces. Il n'est pas interdit de penser qu'on cherche à « calmer » un militant actif non seulement dans son milieu professionnel, mais aussi dans ses engagements politiques et associatifs, et dont le nom est plus connu des services de l'immigration à la préfecture de Saint-Lô.
En tout état de cause, Pascal a été relâché hier soir à 17h30, vraisemblablement grâce à la réaction des collègues de son collège, « Les Provinces » de Cherbourg-Octeville. En effet, tous les profs moins une se sont mis en grève dès réception de la nouvelle. Ils ont convoqué une conférence de presse l'après-midi, annonçant qu'ils ne cesseraient leur mouvement que si Pascal était relâché et les poursuites abandonnées (ce que le préfet peut légalement faire). Ils ont préparé une nouvelle conférence de presse en fin d'après-midi à la Maison des Syndicats, avec les militants syndicaux associatifs et politiques de la ville. Plus d'une centaine de personnes étaient présentes. A Saint-Lô même, 40 personnes ont manifesté dans l'après-midi (cf Ouest France d'aujourd'hui).
Les collègues amis et camarades de Pascal restent vigilants. Affaire à suivre.
Nicolas Vabre, ex-pion de Cherbourg, TZR Orne, le mardi 20 janvier